Mardi 16 septembre 2003
Une des pires gaffes qu’un scientifique peut faire c’est d’influencer les résultats de sa recherche par sa simple présence. Il doit se détacher au maximum de son sujet, pour ne rien faire qui pourrait affecter son comportement.
Je crois que la même règle devrait s’appliquer aux journalistes. Dans le film « À hauteur d’homme » on voit bien que ce n’est malheureusement pas le cas. Comme plusieurs, j’ai été extrêmement déçu de voir le comportement de Claude Brunet, le Némésis de Bernard Landry, qui tout le long du documentaire tente par tous les moyens de provoquer une déclaration juteuse chez l’ex-Premier Ministre. Accusé par plusieurs de manque d’éthique professionnelle, M. Brunet se défendait hier soir au Téléjournal en disant que les politiciens mentaient souvent et qu’il devait alors aller fouiller au delà la déclaration officielle.
Je suis pleinement d’accord que si le politicien s’évade et ne répond pas à la question il est du devoir du journaliste d’obtenir une réponse juste et exacte (Stéphan Bureau était passé maître dans cet art. Il nous manque déjà…) Le problème est que si ce qu’on a vu dans le documentaire est exact, Claude Brunet ne s’arête malheureusement pas lorsqu’il a obtenu une réponse honnête. Il attend plutôt d’avoir obtenu LA réponse qu’il veut. Qu’est-ce que c’est, si ce n’est pas de la manipulation de l’information???
Ça devient donc évident que se sont en grande partie les journalistes qui, selon leur humeur, décident du gagnant des élections. Ce qui m’inquiète le plus là dedans c’est que je ne sais pas depuis combien de temps ça dure. Quels autres gouvernements avons nous du subir à cause d’eux?
Dans le fond, on a beau bitcher contre les américains, mais le journalisme de Radio-Canada est-il vraiment mieux que celui de Fox News ou est-il seulement fait de façon plus subtile?
Publié par xact
à 2003-09-16 20:09:24
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